Bernard Caïazzo est formel, cette fois promis on ne l’y reprendra pas: «Les dirigeants du foot français n’ont pas mesuré l’ampleur du problème après Knysna. Il faut une prise de conscience». Le co-président de l’AS Saint-Etienne compte parmi les membres les plus impliqués de l’UCPF (le syndicat des clubs français), chargé, entre autres, de mesurer l’image des joueurs de L1 dans l’opinion publique. Image qui – c’est un euphémisme - n’est pas ressortie grandie de l’Euro 2012. 70% des Français jugent ainsi «trop arrogants» les joueurs de foot, selon un sondage Ifop.
Des chiffres que ne conteste pas Phlippe Diallo, directeur général de l’UCPF. «Les études menées depuis cinq ans montrent qu’il y a une vraie réflexion à mener sur les comportements». Et même si les reproches concernent d’abord l’équipe de France plutôt que les clubs, ces derniers réfléchissent depuis plusieurs mois à la manière de faire bouger l’image des joueurs professionnels du bon côté du curseur.
Une part de salaire liée au comportement
On voit ainsi fleurir le concept de primes conditionnées au respect d’une charte éthique, comme dans le cas de Thiago Silva. Le Brésilien touchera chaque mois la somme de 40.000 euros supplémentaires de la part du PSG s’il respecte à la lettre certains engagements qui peuvent paraître basiques: Avoir un comportement exemplaire avec les arbitres, se montrer courtois et accessible avec les supporters…«Cela montre que les clubs ne se contentent plus de déclarations d’intention, se félicite Philippe Diallo. Le comportement est désormais une préoccupation prise en compte dans les contrats de travail».
Une solution à laquelle ne croit pas trop Bernard Caïazzo, qui préfère faire confiance au savoir-faire de son staff: «A Saint-Etienne, Christophe Galthié rencontre personnellement chaque future recrue pour s’assurer de sa mentalité, de son mode de vie…Le reste est affaire de règlement intérieur».
Apprendre les bases dans les centres de formation
En revanche, le président stéphanois croit beaucoup à une meilleure éducation des plus jeunes en centre de formation. Son idée la plus forte, bien accueillie par la Ligue et la Fédération, qui communiqueront sur le sujet à l’automne, prévoit un module de deux heures par semaine sur les grands noms et les grandes dates du foot français. «Si on veut leur faire comprendre ce que c’est que l’amour du maillot et leur demander de respecter son histoire, encore faut-il qu’ils la connaissent. Vous n’avez pas idée du nombre de jeunes qui ne savent même pas qui est David Ginola».
Un cours d’instruction footballistique accéléré qui permettrait de combler les lacunes les plus évidentes. En attendant que l’exemple vienne de tout en haut : «Didier Deschamps ne doit pas faire de cadeaux. conclut Caïazzo. Cela conduira peut-être les médias à moins parler de la mise en examen de Benzema mais davantage d’un joueur comme Mathieu Bodmer, qui verse chaque mois 10% de son salaire à son club formateur».
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