Pourquoi les armes parlent de nouveau à Abidjan

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Abidjan s’est réveillé dans la peur au cours des matinées des 5 et 6 août 2012. Dans les nuits
qui ont précédées ces journées la police et l’armée ont été attaquées par de mystérieux hommes armés. Le bilan est lourd, 11 morts et plusieurs blessés contre un soldat tué chez les assaillants.

Le spectacle sanglant d’une lutte armée qui s’invite jusque dans les lieux les plus «sécurisés» de la capitale économique fait ressurgir le spectre de la bataille d’Abidjan qui s’est achevée il y a un an à peine.

«Psychose»

Autant dire qu’à la veille de la fête du 52ème anniversaire de leur indépendance, les Ivoiriens espéraient un autre cadeau. Dans son allocution prononcée à cette occasion et retranscrite par le site Abidjan.net, le président Alassane Ouattara a cherché à rassurer les Ivoiriens:


«Certes, il reste des poches résiduelles d`insécurité mais elles sont l'objet de toute notre attention. J'ai donné des instructions pour mener une lutte sans merci contre ceux qui ont pour objectif de créer une psychose et un sentiment d’insécurité dans le pays.

Notre détermination est forte; nous voulons faire régner partout, la sécurité à laquelle ont droit tous les Ivoiriens et tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire.»

Les autorités entendent à présent ne plus laisser surprendre par des attaques de ce genre. Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la ville lagunaire afin que rien ne puisse venir gâcher des festivités que beaucoup passeront terrés chez eux, on ne sait jamais.


«Abidjan est calme et semble avoir retrouvé la normalité. Commente Gbansé Douadé Alexis, directeur de publication de Connnectionivoirienne.net

Les présences militaires renforcées aux carrefours jugés importants, (…) la présence de pick-up surmontés de mitrailleuses lourdes, laisse pourtant transparaitre la psychose, une certaine nervosité sur la ville.

Pendant ce temps, les populations s’activent à faire des réserves de nourriture et de produits de premières nécessités. Ayant en mémoire, la situation d’apocalypse de mars-avril 2011.» (combats dans Abidjan et arrestation de l'ex président Laurent Gbagbo)

Quel coupable?

A présent que les armes se sont tues, on s’interroge sur les coupables des assauts meurtriers. Pour le site d’information Ivoireactu, l’identité des coupables ne fait pas l’ombre d’un doute:


«Ce n’est un secret pour personne qu’une situation de ni guerre-ni paix ne profiterait qu’à un seul parti: le Front Populaire Ivoirien (FPI). Ainsi, le parti de l’ex-président ivoirien (Laurent Gbagbo) nourrit une haine viscérale et vicieuse à l’endroit de l’actuel Président ivoirien Alassane Ouattara. Il a juré de le perdre en appelant à maintes reprises ses militants à la mobilisation.»

En effet, le camp des partisans de Laurent Gbagbo avait déjà été accusé de fomenter un projet de coup d’Etat à l’encontre du jeune pouvoir de Ouattara. Le quotidien burkinabè, L’Observateur Paalga fait le lien entre ces évènements et ce complot déjoué qui avait fait l’objet d’une vaste campagne de communication:


«Ces attaques à répétition interviennent quelques semaines après les accusations de manœuvres de déstabilisation brandies par le pouvoir ivoirien qui disait avoir les preuves des menées subversives des pro-Gbagbo qui n'auraient pas encore fait le deuil de la perte du fauteuil présidentiel de leur mentor.

Faut-il voir dans cette poussée de fièvre l'une de ces preuves que le ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, disait détenir il y a peu?»

Source : slateafrique

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